Styliste

Styliste : comment se crée une collection

Cet article fait écho à mon article sur le métier de styliste-infographiste que vous pouvez relire ici.

J’ai remarqué que souvent les gens pensent que nous créons de manière spontanée chaque collection ou chaque vêtement.

La réalité est tout autre.

La création d’une collection se fait sur un délai plus ou moins long mais nécessite plusieurs étapes avant l’arrivée de celle ci en magasin.
Je vais par cet article vous découper le processus de création de l’étape de la recherche de tendances à l’arrivée du produit en magasin sous sa forme finale.

Phase 1 : les tendances / les recherches


J’ai travaillé pour plusieurs marques de retail. Il faut savoir que le fonctionnement est à peu prêt toujours similaire dans le fond.
Une collection commence toujours par la recherche de tendances. Généralement dans la grande distribution on commence la recherche de tendances au moins un an à l’avance par rapport à la date de sortie de la collection Pour cela on utilise plusieurs outils à notre disposition selon les entreprises.


– les carnets de tendances : certaines sociétés sont spécialisées dans l’elaboration de cahier regroupant les futures modes à venir sous forme de thématiques qu’elles revendent aux sociétés. Chaque thème vendu contient une gamme de couleurs, des inspirations iconographiques, des matières, des formes de vêtement et accessoires. Les bureaux de style décrivent la cible à qui s’adresser pour ce type de collection. Ici le travail est donc pré-maché. 
Les bureaux de style les plus connu proposant ce type de prestation sont : Promostyle, Interstyle, Carlin


-les défilés de mode : les défilés des grandes maisons de luxe sont les annonciateurs des futures tendance dans le monde du retail. Les grandes chaînes de magasin comme H&M, Zara… réadaptent les collection des grands couturier au prêt à porter grande distribution


– les site de tendances : c’est exactement la même chose que les cahiers de tendances mais sous forme de site internet. La seule différence est peut être que pour moi le site est plus complet qu’un carnet de tendance car il est mis à jour de façons régulière. Je pense aussi qu’il est plus rentable de prendre un abonnement à l’année à ce genre de site que d’acheter plusieurs carnets dans l année pour plusieurs saisons…


– les réseaux sociaux : avez vous déjà remarqué come les réseaux sociaux sont dénicheurs de tendance. En témoigne l’uniformité des post de blogueuses suivit par leur abonnés. Les réseaux sociaux indiquent vraiment les tendances actuelles. Elles sont bien pratiques pour les société qui font fabriquer sur des circuit court c’est à dire en France ou en pays europées et qui peuvent produire en peu de temps (comme Zara par exemple).


La rue : on appelle cela le « street look » . C est l’observation des looks dans notre quotidien pour dénicher ce que les gens apprécient.

Bref il y a beaucoup de manière de dénicher les tendances. Le tout est de faire un mix de tout ça pour créer un genre de moodboard qui regroupe toutes nos inspirations et les couleurs pour créer un thème, une collection cohérente.

Phase 2 : la construction d’un plan de collection.


Cette partie n’appartient pas au styliste mais au chef de produit. Même si tous les 2 peuvent se consulter et c’est même d’ailleurs vivement conseillé pour créer un genre de compromis entre les tendances et la réalité du marché. 
Le chef de produit va analyser les ventes de la société pour comprendre ce qui a marché et ce qui n’a pas fonctionné. Elle pourra aussi proposer de reconduire certains produits en les declinant en couleur ou en modifiant les imprimés.

Phase 3 : Validation du plan de collection

C’est à ce moment ou on regroupe le plan de collection et les tendance. C’est un peu comme un architecte qui construirait une maison. Il sait qu’il a besoin de certains matériaux et il a les plan de construction de sa maison. Dans la mode c’est pareil. Quand je démarre les dessins d’une collection je sais ou je vais : nous avons établi les formes à développer, mais aussi les couleurs, les matières et la thématique pour les imprimés.
Pour les plus organisés les modèles sont déjà référencés avant leur dessin.

Phase 4: le dessin dessin de la collection

Le moment préféré de toutes les stylistes est arrivé !
Je dessine chaque modèle que je fais valider par le chef produit, le directeur artistique, le créateur de la marque… bref cela dépend des sociétés.

J’adore voir ce moment où la collection se transforme et que les idées prennent vie visuellement.

Phase 5 : les dossiers techniques.


Une fois les dessins validés commence la partie technique. Je fais des dossier explicatifs pour que le future fabricant comprenne comment je souhaite que le produit soit fabriqué. Ils sont très souvent réalisés en anglais car la fabrication se fait malheureusement très souvent à l’étranger

J’y indique les couleurs, la matière (composition et poids du tissu), les tailles désirées, les accessoires (boutons, fils…). Rien est laissé au hasard. La modéliste établit un tableau de mesures détaillant chaque CM du produit. Quand je vous dis que rien est laissé au hasard !!!

Phase 6 : Envoi des dossier – Récéption des premiers échantillons

Certaines fois j’ai du me rendre dans le pays de production pour faire des remises en main propre du dossier et d’autres fois je l’ai envoyé directement aux usines. Il peut arriver que le fabriquant ai des questions sur le produits mais je suis là pour y répondre. Le chef produit quand à lui est là pour valider les négociations de prix, les dates de réception des produits… Une fois les dossier remis,

Le fabriquant va d’abord nous proposer des matières et des couleurs pour la fabrication que nous allons valider. Vient ensuite le premier échantillon. Je me souviens qu’il y a plus de 10 ans j’avais trouvé cela merveilleux de recevoir mes premières pièces réalisées. On a toujours ce petit suspence de se dire « est ce que le résultat va rendre comme je l’imaginais » . Bien sur la qualité du fabricant rentre énormément en compte dans l’aspect du premier prototype.

Phase 7 : Validation des échantillons et commentaires

Parfois l’échantillon arrive et tout est parfait. On décide alors de lancer la production. Mais parfois il y a des petites choses qui ne vont pas et on décide d’apporter des corrections au dossier ou à l’échantillon directement.

Normalement plus le dossier technique a été créé de manière précise et moins il y a de risque d’erreurs ou de déception.

La styliste valide le style général, la modéliste valide les mesures et la chef produit valide la qualité et a aussi un oeil sur le style.

Phase 8 : du lancement en production à l’arrivée en magasin

Une fois que tout est OK au niveau de la mise au point du modèle, la chef produit donne le OK production. On demande toujours un échantillon issu de la production pour contrôler que tout est OK. On l’appelle le « shipping sample ». Il y a plusieurs moyen d’acheminer la marchandise produite jusqu’aux entrepôs de stockage avant la distribution en magasin. Si le pays de production est proche on utilisera la voie routière. Si le pays de production est loin on demandera un envoi par avion ou par bateau. Il faut savoir que le bateau est lui beaucoup moins honnéreux que l’avion mais aussi plus long. Le chef produit doit jongler entre le prix mais aussi ses deadline de livraison ce qui lui permettra de définir quel moyen de livraison elle souhaite.

Phase 9 : l’arrivée en magasin, le début de la communication marketing.

Ici s’achève ma mission. Mais le succès d’un produit se fait par trois éléments principaux :

  • son aspect : le design, la qualité…. qui créent une envie de la part du client
  • Son arrivée au bon moment en magasin : par exemple vous ne vendrez pas un pull chaud en juin alors que celui ci aurait eut de meilleurs chances en novembre. On parle alors de cadencement : c’est l’art et la manière de réfléchir à la meilleur date d’arrivée du produit, mais aussi à quelle période le brader si celui ci ne fonctionne pas.
  • la communication de la marque autour de son produit : le merchandising en magasin mais aussi la communication de la marque autour de son produit. Certaines marquent communiquent par les réseaux sociaux, par des parutions dans les magazines, sur des blogs… à chaque marque son média. Mais pour moi la communication constitue à 50% au succès d’un produit. Il est imporant surtout pour une jeune société de communiquer autour de la marque ou de son produit.

La création d’une collection n’a désormais plus de secrets pour vous ! J’éspère que cet article vous aura été utile. N’hésitez pas à le partager à ceux et celles qui se lancent dans le métier.

Styliste illustratrice depuis plus de 10 ans basée sur Paris. Passionée de mode et de vintage.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0